Il y existe deux principales espèces dans le monde du café: l'Arabica et le Robusta. L'Arabica est moins résistant aux maladies et nécessite une attention plus soutenue mais possède un potentiel gustatif supérieur au Robusta. Néanmoins, seulement un petit pourcentage de l'Arabica cultivé dans le monde arrive à se classer dans une catégorie de qualité supérieure. Au fil du temps, plusieurs variétés différentes ont été découvertes à l'intérieur de cette espèce, puis croisées génétiquement pour en améliorer le rendement. Ces variétés portent le nom de "cultivars" et se distinguent entre elles par des propriétés physiologiques et gustatives spécifiques, contribuant à la diversité disponible aujourd'hui.
Voici une liste des cultivars les plus connus.
Il s'agit d'un hybride composé d'Arabica et de Robusta qui fut largement utilisé en Afrique occidentale pour sa résistance aux maladies, même lorsque cultivé à basse altitude.
C'est un cultivar tanzanien, provenant principalement de la région du Mont Meru. Le nom est parfois utilisé pour désigner l'ensemble des cafés cultivés en Tanzanie.
Le Bergendal est un Typica cultivé en Indonésie qui fut presque totalement éradiqué à la suite d'une épidémie du fongus Hemileia Vastatrix en 1880. Il est encore possible de le retrouver aujourd'hui dans certaines régions éloignées de Sumatra, du Sulawesi et de Flores.
Le Bourbon, tout comme le Typica, fut l'un des premiers cultivars commercialisés par les occidentaux. Les Français furent les premiers à le planter en 1708 sur l'île de la Réunion - nommée île de Bourbon à l'époque - l'ayant acquis de la British East India Company en provenance d'Aden, au Yémen. Après plusieurs générations, le cultivar a développé un certain caractère et gagné en robustesse, dépassant le rendement du Typica. Ses fruits mûrissent rapidement, mais il demeure sensible aux climats rigoureux et à certaines maladies.
C'est un croisement entre le Mundo Novo et le Caturra développé au Brésil dans les années 40 dans le but d'obtenir un rendement élevé. Il nécessite une fertilisation adéquate et une attention particulière mais ses fruits sont bien attachés aux branches, le rendant propice aux climats venteux et pluvieux. Il se décline à son tour en deux dérivés: le Catuai Jaune et le Catuai Rouge, principalement cultivés en Amérique Latine.
C'est une mutation provenant du Bourbon qui donne un rendement allant de moyen à élevé. D'une qualité supérieure, il demeure par contre plus exigent en termes de soins que celui-ci.
C'est un cultivar dépourvu de caféine à l'état naturel, identifié en 2008 au Cameroun. Il s'agit du seul de ce type en Afrique Centrale et du deuxième seulement découvert à ce jour.
Le café est un plant issu de l'Éthiopie et de nombreux cultivars non encore identifiés y poussent à l'état sauvage. L'appellation Ethiopica désigne les Arabicas d'origine provenant de ce bassin et n'ayant subi aucun croisement par l'industrie.
Originaire de l'Éthiopie, il a été importé au Costa Rica dans les années 1930 puis étendu au Panama dans les années 1960. Ce n'est que tout récemment qu'il a été redécouvert sur une plantation panaméenne et les concours de dégustation l'ont rendu célébre. Il ne pousse maintenant qu'au Panama, en quantité très limitée, et jouit d'un engouement exceptionnel de la part des connaisseurs.
C'est un croisement composé de Robusta et de Timor Arabica, utilisé dans l'élaboration du Catimor pour son excellente résistance au fongus Hemileia Vastatrix. Importé du Timor oriental à la fin des années 70, il est aujourd'hui cultivé entre autres en Indonésie où il porte aussi le nom de Churia.
C'est un croisement entre le Maragogype et le Caturra qui produit des feuilles et des fruits rouges de taille supérieure à la moyenne. Il est principalement cultivé en Amérique Centrale, au Brésil, Nicaragua et El Salvador, et également au Mexique.
Il s'agit d'une mutation de Typica découverte au Brésil, près de la ville de Maragogype, caractérisée par la grande taille de ses fruits et de ses grains. Pour cette raison, le Maragogype est aussi connu sous le nom de "Fève Éléphant".
Il s'agit d'un hybride naturel entre le Typica et le Bourbon, doté d'une maturation tardive et qui possède un haut rendement et une très bonne résistance aux maladies.
C'est un hybride entre le Maragogype et le Pacas, développé au El Salvador dans les années 50 et principalement cultivé dans ce pays depuis.
C'est une mutation naturelle du Bourbon, apparue au El Salvador en 1949, dont l'arbuste possèede une meilleure résistance au vent. Son profil gustatif est relativement semblable au Bourbon.
Aussi appelé Pache Comun, il s'agit d'une mutation de Typica observée pour la première fois dans une ferme guatémaltèque et caractérisée par sa petite taille. Il existe également un cultivar nommé Pache Colis, un croisement entre le Caturra et le Pache Comun, de taille encore plus petite.
Développé au Kenya dans les années 70, il s'agit d'un croisement entre le Rume Sudan et le Hibrido de Timor, ce dernier lui-même issu d'une combinaison d'Arabica et de Robusta. L'objectif était d'en faire un plant résistant à plusieurs types de maladies spécifiques au café. Afin d'en améliorer le goût, des croisements subséquents ont été effectués avec notamment du SL-28 et du SL-34.
C'est un croisement entre le Villa Sarchi et le Hibrido de Timor qui possède une résistance accrue aux maladies
Ce cultivar indonésien a subi, tout comme le Bergendal, les ravages du fongus Hemeila Vastatrix vers la fin du 19e siècle. Il est encore possible aujourd'hui de le retrouver dans certaines régions éloignées de Sumatra, Sulawesi et Flores.
La sélection #28 des laboratoires Scott (SL) est un cultivar de choix aux origines de Bourbon et Mokkha. Doté d'une bonne résistance contre la sécheresse, il constitue un ingrédient clé, avec le SL-34, des meilleurs grands crus kenyans.
La sélection #34 des laboratoires Scott (SL) descend du Bourbon qui fut cultivé par les français au 18e siècle sur l'île de la Réunion puis replanté au Kenya. Les cultivars SL représentent environ 90% des cafés kenyans mais le SL-34 possède un meilleur rendement et tolère des altitudes plus basses que le SL-28.
Le typica est le cultivar de base à partir duquel de nombreux autres ont été développés. Doté d'un excellent potentiel gustatif, son défaut réside dans sa faible résistance aux maladies.